comprendre les droits nécessaires pour explorer ou exploiter
Cet article donne uniquement les grandes lignes. Vous devez, avant de prendre toute décision, vous référer à la Loi sur les mines: https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/M-13.1#se:1.
Introduction
Au Québec, on ne peut pas simplement découvrir une ressource, entrer sur un terrain et commencer des travaux. L’exploration et l’exploitation minière sont encadrées par la Loi sur les mines. Pour s’y retrouver, il faut d’abord séparer deux réalités : le terrain en surface et les substances minérales qui se trouvent dans le sol ou le sous-sol. Une personne peut être propriétaire d’un terrain sans être propriétaire des substances minérales qui s’y trouvent.
Ressource minérale et substance minérale
Ressource minérale. Dans le langage technique, une ressource minérale est une concentration naturelle présentant un potentiel économique : or, cuivre, lithium, graphite, calcaire, sable, gravier, etc. Cette notion sert surtout à décrire le potentiel géologique et économique d’un projet.
Substance minérale. La Loi sur les mines emploie plutôt l’expression substance minérale. C’est la notion juridique qui sert à déterminer les droits applicables. Autrement dit, la ressource minérale décrit le potentiel; la substance minérale permet de savoir quels titres miniers peuvent être requis.
Au Québec, l’expression substance minérale désigne les substances minérales naturelles à l’état solide, comme l’or, le nickel, le cuivre, le lithium, le graphite, les terres rares, etc. Il s’agit de minéraux industriels non classés comme substances minérale de surface. Ceci exclut la couche arable ou mort terrain. Selon la Loi, le droit aux substances minérales font partie du domaine de l’état, avec certaines exceptions.
Les substances minérales de surface
Au Québec, les substances minérales de surface forment une catégorie particulière. Elles comprennent notamment la tourbe, le sable, le sable de silice, le gravier, le calcaire, la calcite, la dolomie, l’argile commune, certaines roches utilisées comme pierre de taille, pierre concassée, minerai de silice ou pour la fabrication de ciment, ainsi que certains dépôts meubles naturels.
Cette distinction est très utile pour les carrières, sablières, gravières et dépôts de calcaire ou de dolomie. L’exploitation d’une substance minérale de surface ne suit pas exactement le même régime qu’un projet minier classique visant l’or, le cuivre, le lithium ou le graphite.
Terrain privé, terres du domaine de l’État et droits miniers
Il faut éviter les expressions trop générales comme « ressource en terrain privé », « ressource publique » ou « terrain de la Couronne ». Au Québec, il est plus clair de parler de terres privées, de terres du domaine de l’État et de substances minérales du domaine de l’État.
La règle générale est simple : sauf exceptions, le droit aux substances minérales fait partie du domaine de l’État. Cela veut dire qu’une substance minérale peut se trouver sous une terre privée tout en appartenant juridiquement à l’État. Le droit minier est donc une propriété distincte de la propriété du sol.
Il existe cependant des exceptions. Certaines substances comme le sable, le gravier, la pierre à construire, certains calcaires, l’argile commune, la tourbe, la marne ou l’ocre peuvent appartenir au propriétaire du sol lorsque les conditions prévues par la loi sont respectées. Une vérification du terrain et des droits existants est donc indispensable avant de conclure.
Quel titre pour quel besoin?
Le DEE – pour explorer. Le droit exclusif d’exploration (DEE) est le principal titre d’exploration au Québec. Il donne le droit exclusif de chercher des substances minérales du domaine de l’État sur un territoire donné. Il ne donne pas le droit d’exploiter une mine, d’ouvrir une carrière ou d’occuper librement le terrain. Le DEE exclut notamment le sable, sauf le sable de silice utilisé à des fins industrielles, le gravier, l’argile et certains dépôts meubles.
Le bail minier – pour exploiter une mine. Le bail minier est requis lorsqu’un projet passe à l’exploitation d’une substance minérale autre qu’une substance minérale de surface. Il concerne donc les projets miniers classiques : or, cuivre, nickel, lithium, graphite, terres rares ou autres substances visées par le régime minier général. Pour obtenir un bail minier, le projet doit être plus avancé : plan de restauration, garantie financière, étude de faisabilité, estimation des ressources et réserves, et autorisations applicables.
Le BEX ou le bail non exclusif – pour les substances minérales de surface. L’exploitation d’une substance minérale de surface exige généralement un bail d’exploitation de substances minérales de surface. Le bail non exclusif vise surtout le sable, le gravier, l’argile commune, certains dépôts meubles et les résidus miniers inertes utilisés à des fins de construction. Le bail exclusif, ou BEX, est requis lorsque l’exploitation nécessite une exclusivité, notamment pour le sable de silice industriel ou pour d’autres substances de surface comme la pierre, le calcaire ou la dolomie.
La concession minière – un titre historique. La concession minière est un ancien titre d’exploitation reconnu par la Loi sur les mines, mais elle n’est plus le titre normal pour un nouveau projet. Aujourd’hui, un projet passe généralement par un DEE à l’exploration, puis par un bail minier ou un bail de substances minérales de surface à l’exploitation.
Conclusion
La bonne question n’est donc pas seulement : « Où se trouve la ressource? » Il faut plutôt demander : quelle est la substance visée, à qui appartient le droit minier, quel est le statut du terrain et quel titre est déjà inscrit? Cette vérification évite les erreurs de titre, les conflits d’usage et les retards réglementaires. Pour un promoteur, un détenteur de droits miniers ou un exploitant de carrière, c’est une étape de base avant tout investissement sérieux.
