Ressources et réserves, définition et classification

Les termes réserves et ressources ont pris des sens différents, parfois peu précis, dans le temps et selon les régions. Les définitions qui suivent sont basées sur l’étymologie des motes, ainsi que sur les codes de pratique au Québec et en Australie.

Définitions

Une ressource représente un potentiel existant ou non (minéral ou autres), recherché pour satisfaire un besoin ou combles un déficit. Une réserve est une substance connue, identifiée et susceptible de combler un besoin. Un gisement filonien reconnu par des forages espacés et non systématiques, même si les résultats sont intéressants, constitue des ressources. Il en est de même pour les résidus miniers sulfureux contenant des traces d’or qu’on ne peut encore exploiter avec profit.

Classification

La classification des ressources et des réserves a, elle aussi, évolué avec le temps et selon les régions. Celle qui suit est basée sur le code australien et les définitions du Centre de Recherche Minérale du Québec (CRM). Ces deux visions se complètent d’ailleurs.

Classification des ressources

Selon le degré de connaissances techniques d’un gisement, on qualifie les ressources qu’il renferme d’inférées, d’indiquées ou de mesurées. On parle de ressources inférées, lorsque la minéralisation a été identifiée par des observations, des mesures et des échantillonnages et que les données recueillies sont insuffisantes pour effectuer une interprétation géologique adéquate.

On parle de ressources indiquées lorsque la densité et la qualité des informations recueillies (interprétation, échantillons, sondages, etc.) permettent d’interpréter le cadre géologique et d’assumer la continuité de la minéralisation. La portion de la minéralisation pour laquelle une évaluation technico-économique a démontré une profitabilité acceptable, sera appelée réserve probable.

On parle enfin de ressources mesurées lorsque la densité des informations recueillies (interprétation, échantillonnage, sondage, rainurage, etc.) permet de confirmer, hors de tout doute raisonnable, la continuité de la minéralisation, son volume et sa teneur. La portion de cette minéralisation pour laquelle une évaluation technico-économique a démontré une profitabilité acceptable sera appelée réserve prouvée.

Classification des réserves

Selon les contraintes techniques, économiques et autres, on distingue les réserves prouvées et les réserves probables. Les réserves prouvées se rapportent aux minéralisations dont les volumes, les tonnages et les teneurs sont connus avec détail : forage et échantillonnage systématiques à maille réduite, travaux de recoupe, échantillonnage en vrac et rainurage. Lorsque la densité de ces travaux permet une planification minière détaillée, on parle alors de réserves prouvées de classe 1. Dans ce cas, l’erreur d’estimation (teneur et volume) est inférieure à 10 %. Autrement, il s’agit de réserves prouvées de classe 2 et cette erreur est inférieure à 20 %.

Les réserves probables se rapportent aux minéralisations dont la continuité a été établie par des forages et un échantillonnage à maille plus lâche. Lorsque cette maille est régulière, on parle de réserves probables de classe 1. Dans ce cas, l’erreur d’estimation est inférieure à 30 %. Autrement, il s’agit de réserves probables de classe 2 et l’erreur d’estimation est inférieure à 40 %.

Les niveaux de confiance et l’abondance des informations géoscientifiques des ressources indiquées et des réserves probables sont les mêmes. La même analogie existe entre les ressources mesurées et les réserves prouvées. Les différences qui existent entre ressources et réserves sont d’ordre économique, environnemental, législatif, etc.