Faits marquants du 28 août au 4 septembre 2026

La semaine est dominée par le potentiel du portefeuille québécois, le démarrage d’Onaping Depth, l’étude d’expansion de McIlvenna Bay et la progression de l’IA appliquée au traitement des minerais.

Actualité minière : projets, production et intelligence artificielle

Briefing minier — semaine du 28 août au 4 septembre 2026

L’actualité minière de la semaine illustre une industrie en mouvement : investissements dans l’exploration, progression de projets canadiens, démarrage de nouvelles installations et développement de solutions numériques pour le traitement des minerais.

Derrière ces annonces favorables, plusieurs conditions demeurent déterminantes : la robustesse des études techniques, l’accès au financement, les infrastructures, l’énergie, l’eau, les autorisations et l’acceptabilité sociale.

Voici les principaux développements à retenir.

Développement de projets et exploration

Un potentiel important pour les projets miniers québécois

Une étude réalisée par EcoTec Consultants pour l’Association minière du Québec évalue les retombées économiques potentielles de 45 projets miniers avancés.

Dépenses au Québec : jusqu’à 577 milliards de dollars sur l’ensemble du cycle de vie des projets.

Contribution au PIB : jusqu’à 471,4 milliards de dollars.

Revenus publics : jusqu’à 100,3 milliards de dollars en revenus fiscaux et parafiscaux pour le gouvernement du Québec.

Parmi les projets analysés, 27 visent principalement des minéraux critiques et stratégiques. Ils concernent notamment le cuivre, le graphite, le lithium, le nickel, le niobium, le phosphate, le scandium, le titane, le zinc et les terres rares.

Ces résultats représentent toutefois un potentiel à long terme, et non une prévision annuelle. Ils ne signifient pas non plus que les 45 projets seront nécessairement construits. Leur concrétisation dépendra des marchés, du financement, des autorisations, de l’énergie, des infrastructures et de la disponibilité de la main-d’œuvre.

Agnico Eagle investit dans un projet aurifère en Abitibi

Agnico Eagle prévoit investir environ 57,2 millions de dollars dans Radisson Mining, propriétaire du projet aurifère O’Brien. L’investissement lui procurerait une participation initiale d’environ 10,45 %, pouvant atteindre 14,9 % par l’exercice de bons de souscription.

Cette opération permettra notamment de soutenir les travaux de forage en cours. La participation d’un producteur établi apporte également une validation industrielle au projet. Elle ne constitue cependant pas une décision de construction : le projet devra encore franchir les étapes de définition des ressources, d’évaluation technique, de financement et d’autorisation.

Une nouvelle étude de faisabilité pour le projet Sisson

Au Nouveau-Brunswick, la nouvelle étude de faisabilité du projet de tungstène-molybdène Sisson présenterait une amélioration importante de ses indicateurs économiques. Selon The Northern Miner, la valeur actualisée après impôt serait maintenant supérieure à quatre fois le coût de construction du projet.

Cette amélioration serait fortement influencée par le prix du tungstène. Il faudra donc examiner attentivement les hypothèses de prix à long terme, les coûts d’investissement et d’exploitation ainsi que les analyses de sensibilité avant de conclure à la robustesse économique du projet.

Exploitation et traitement du minerai

Début de la production à Onaping Depth

Glencore a annoncé plusieurs jalons à la mine souterraine Onaping Depth, près de Sudbury : accès au minerai, construction du puits et début de la production.

La mine devrait demeurer en exploitation au moins jusqu’en 2040 et produire approximativement 280 000 tonnes de nickel et 145 000 tonnes de cuivre sur sa durée de vie. Ce démarrage contribue à prolonger les activités du complexe minier de Sudbury. La montée en régime et la stabilité de la production devront maintenant être suivies.

Un agrandissement envisagé à McIlvenna Bay

En Saskatchewan, Eldorado Gold étudie une augmentation de 43 % de la capacité de l’usine de McIlvenna Bay ainsi que l’ajout d’un circuit destiné à récupérer le plomb et l’argent.

Cette option pourrait permettre de mieux valoriser le caractère polymétallique du gisement. Une expansion de cette ampleur devra toutefois être étudiée à l’échelle de l’ensemble du système : capacité d’extraction, séquence minière, alimentation de l’usine, récupération métallurgique, gestion des résidus et infrastructures. À ce stade, il s’agit d’une option à l’étude et non d’un agrandissement autorisé ou en construction.

Automatisation et intelligence artificielle

L’IA progresse dans le traitement des minerais

IntelliSense.io a obtenu un investissement mené par SEP, auquel participent Mitsubishi Corporation et Hitachi Construction Machinery. Ce financement doit soutenir le développement de sa plateforme d’aide à la décision et son déploiement international.

Les applications proposées ciblent notamment le broyage, la flottation, l’épaississement, la lixiviation et l’optimisation des stocks. Elles utilisent les données de procédé pour rechercher de meilleurs compromis entre débit, récupération, consommation de réactifs, énergie, eau et production de résidus.

Cette évolution s’inscrit dans l’approche Mine-to-Metal, où les décisions prises à chaque étape sont évaluées selon leurs effets sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

Il convient néanmoins de distinguer l’intérêt commercial d’une technologie de ses résultats démontrés. Le financement annoncé confirme l’intérêt du marché, mais ne constitue pas, à lui seul, une preuve indépendante de gains de productivité.

Environnement et cadre de développement

La disponibilité de l’eau devient un facteur de faisabilité

Dans le sud-ouest des États-Unis, plusieurs projets de cuivre et de lithium font face à une disponibilité limitée de l’eau. Pour certains projets, cette contrainte pourrait être aussi déterminante que les autorisations environnementales.

Même si le contexte canadien est différent, l’enjeu demeure pertinent. Les bilans hydriques, les scénarios climatiques, la recirculation de l’eau, le choix des procédés et la conception des installations de gestion des résidus doivent être intégrés dès les premières études. L’eau ne peut plus être considérée uniquement comme un enjeu de conformité : elle peut influencer directement la capacité de production, les coûts et la faisabilité économique.

Redevances et autorisations au Québec

L’Association minière du Québec a commenté une proposition politique visant à transférer aux régions minières 10 % des redevances perçues par le gouvernement québécois et à revoir les processus de permis et d’autorisation.

Cette proposition n’est pas une mesure adoptée. Elle remet cependant en évidence deux enjeux récurrents : le partage des retombées avec les collectivités qui accueillent les projets et la prévisibilité des processus réglementaires.

À retenir

Les nouvelles de la semaine sont globalement favorables au développement minier canadien. Elles montrent toutefois que le potentiel géologique et les conditions de marché ne suffisent pas.

La création de valeur repose sur la qualité des ressources, la solidité des études, la cohérence entre la mine et l’usine ainsi que la maîtrise de l’eau, de l’énergie, des résidus et des relations avec les collectivités.

L’automatisation et l’intelligence artificielle peuvent renforcer cette chaîne. Elles demeurent néanmoins des outils au service de la conception technique, de la qualité des données et du jugement des équipes d’exploitation.

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